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Fibre News : toute la fibre optique & les offres FTTH

L’actualité de la fibre optique par les Fibrenautes

Contenus : Au bout des fibres, le noir ?

Par Ronan • 6 sept, 2007 • Catégorie: Fibre optique

Trop de données issues de la sphère P2P ? Les YouTube et autres Dailymotion ? Trop peu d’investissements dans le backbone ? Si personne n’arrive à partager les responsabilités dans ce qui arrive, une chose est sûre, c’est le résultat : quels que soient les responsables, les fibres sont très utilisées. Trop. Pas les fibres qui arrivent ou dont on nous promet qu’elles arriveront jusqu’à chez nous à grand renfort de publicité, mais celles qui composent le backbone mondial depuis une dizaine d’années. La « solution d’urgence », bien entendu, est le spectre du « bridage » de la bande passante, une fois de plus.


Certains anciens de l’Internet s’en souviennent peut-être, mais l’un des sujets qui était abordés lors de l’explosion de la bulle Internet était la crise des gérants de fibre noire, cette fibre posée, prête à l’emploi mais encore inutilisée. L’amélioration de la qualité du multiplexage optique, c’est à dire la capacité à faire transiter beaucoup plus de messages par une même fibre en utilisant des longueurs d’onde légèrement différents, avait fait que bien des fibres, à l’époque, restaient complètement inutilisées.

Leur modèle économique faisant qu’elles sont bien souvent louées ou sous-louées, il était bien plus intéressant pour les opérateurs de l’époque de faire transiter plus de données par les fibres qu’ils louaient déjà plutôt que d’en louer d’autres…

Aujourd’hui, après plus de cinq années où les investissements en moyens « physiques » comme la pose de nouveaux câbles ont été réduits, nous nous retrouvons à un point où certaines entreprises commencent à proposer de basculer sur leur propre réseau backbone propriétaire, « juste au cas où ». Et, apparemment, ils auraient des clients…

Cà pourrait se passer un peu comme pour un bouchon autoroutier… Un début lent, un ralentissement, et, bientôt, un blocage total. Ou celui du black-out électrique. Tellement de demandes seraient faites à la fois que, tout à coup, plus rien ne peut répondre. On connaissait bien le premier phénomène lors de l’ère du bas débit et le second a déjà été expérimenté lors d’attaques par DoS (Déni de service) sur les serveurs des registrars.

Même si ce type de crainte apocalyptique ne nous touche pas forcément en tant que particuliers, car il existe d’autres choses à faire que surfer sur Internet, certaines entreprises peuvent être inquiètes, soit qu’elles aient besoin d’Internet pour une partie de leur activité (Mails commerciaux, vente en ligne…), soit qu’elles fassent partie des entreprrises « Telecom ».

Pour répondre à la crainte des entreprises dépendantes d’Internet pour leur métier, d’autres modèles ont été suggérés, dont l’idée de transmettre certaines données de manière super-prioritaire. Via un en-tête adapté, certains paquets de données pourraient donc reevoir un traitement de faveur et donc circuler plus vite sur certaines parties du réseau…

Bien entendu, cela ne peut se faire aux dépens du gros du peloton. Comme le ferait un facteur qui devrait livrer un nombre de colis supérieur à ce que peut transporter sa camionnette en une journée : seront d’abord livrés ceux des clients qui ont payé une prime pour obtenir une livraison « Express ».

On ne peut pas exclure non plus, en prime, des pannes téléphoniques majeures : qu’il soit « vocal » ou sur IP, le trafic téléphonique passe quasi systématiquement par une fibre optique à un moment donné.

On parle d’anneaux de 20, 40 Giga par seconde pour le backbone de certaines firmes… Et, là-dessus, ils espèrent faire passer des trafics Internet de « 50 ou 100 Mega par seconde ». Même s’il s’agit de Giga réels et de Mega théoriques, 20000 que divise 100 ne fait que 200 abonnés… En admettant un débit réel de 2 Mega à plein débit, ce qui n’est pas énorme, ceci suppose qu’il n’y a pas plus de 10000 internautes qui téléchargent à plein débit à la fois…

C’est tout ? Pour un backbone national ? On comprend mieux l’angoisse des opérateurs avant de proposer de « l’illimité »…

Bien sûr, il existe quelques astuces. Les fichiers les plus échangés, par exemple, sont stockés sur des plates-formes souvent mutualisées par les opérateurs. Des entreprises comme CacheLogic, Sandvine, Joltid ou encore Packeteer florissent dans ce marché et font faire des économies monstrueuses aux FAI. Si leurs abonnés vont tous chercher sur un serveur en Australie un nouveau film à la mode, par exemple, ces solutions feront qu’il en sera gardé une copie sur un cache local.

Les abonnés auront fait la démarche de télécharger en Australie, auront eu l’impression de l’avoir fait, mais les données ne seront pas arrivées de plus loin que le système de cache du FAI… Qui n’aura ainsi pas à louer plus de fibre optique pour transférer plusieurs fois les même données depuis l’Australie pour plusieurs utilisateurs. Ces systèmes destinés exclusivement aux FAI bénéficient même d’une exception concernant le stockage de données protégées par le droit d’auteur.

Avec des systèmes plus opaques pour les FAI comme Bittorrent les flux de données sont de plus en plus souvent envoyés sous forme cryptée et font que ce petit jeu du « cache » atteint vite ses limites. Cà ne fonctionne tout simplement plus aussi facilement, les fichiers ne partant plus de l’ordinateur d’un seul serveur, mais d’une myriade de serveurs. La firme de Bram Cohen a bien commencé à collaborer avec les FAI dans le but de trouver une solution, mais rien n’est encore gagné.

Espérons que nous n’aurons pas à regretter le VDSL… et beaucoup de belles fibres toutes neuves pour le backbone de Noël !

Un exemple d’entreprise proposant un réseau alternatif à Internet : Packet Exchange (en anglais)

Un article de Ratiatum évoquant les utilisations du réseau Internet.

Un vieil article sur les enjeux du peer to peer

Le « Technology Quaterly » de l’hebdomadaire « The Economist » qui a inspiré ce billet (en anglais)

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